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Psychologie et psychopédagogie : une alliance au service des profils singuliers

Dans l’accompagnement des profils neuroatypiques (TDA/H, TSA, DYS...) ou des personnes traversant des périodes d'anxiété, il est fréquent de voir se mêler enjeux émotionnels, cognitifs et identitaires. Si la psychologie et la psychopédagogie répondent à des besoins différents, elles forment une alliance puissante pour aider chacun à reprendre son pouvoir d'agir.

Philippine Pagnat, psychologue clinicienne d’approche intégrative, nous livre son regard sur cette complémentarité.


Le rôle du psychologue : comprendre et sécuriser l’expérience intérieure


Le travail du psychologue consiste d’abord à offrir un espace de parole où les vécus internes peuvent être entendus et mis en sens. Philippine Pagnat le résume ainsi :

« Mon rôle, avant tout, est d’offrir un espace d’écoute et de sécurité psychique, où la parole, les émotions et les questionnements peuvent être accueillis sans jugement. »

Cette posture lui permet d’accompagner des personnes confrontées à des décalages, des questionnements identitaires ou des difficultés à naviguer dans des environnements souvent normés. Elle souligne l’importance de comprendre comment chaque personne fonctionne, pense et ressent, non pas pour la faire "rentrer dans une case”, mais pour lui permettre de reprendre prise sur son quotidien.

Les profils qu’elle reçoit en consultation présentent des besoins très variés : chez les jeunes, les questionnements portent souvent sur la confiance en soi, les interactions sociales et le rapport à la norme ; chez les adultes, sur la surcharge, la perte de repères ou les transitions de vie.


Neuroatypie et décalages perçus


Les personnes neuroatypiques sont souvent confrontées à des environnements qui ne sont pas pensés pour elles.

« Être différent de la norme attendue ne signifie pas dysfonctionner, mais cela peut générer du décalage, de l’incompréhension et un sentiment d’isolement », explique Philippine. "Ce ressenti peut se traduire par des difficultés à se situer, à décoder les attentes implicites ou à s’ajuster aux rythmes collectifs."

Son travail consiste à identifier les spécificités de chaque personne : sensibilité sensorielle, fatigue cognitive accrue, besoin de repères plus clairs, stratégies adaptatives parfois invisibles. À partir de là, elle propose un accompagnement réaliste et respectueux du rythme de chacun.


Ce que la psychopédagogie apporte : un pont vers le concret


Dans l’accompagnement des profils singuliers, la psychopédagogie joue un rôle essentiel : elle s’inscrit dans le faire, dans la mise en action, dans l’ajustement au quotidien. La psychologue souligne :

« La psychopédagogie est un réel complément. Elle permet de faire le lien entre leurs particularités et leurs manières d’apprendre, d’adapter les stratégies pédagogiques à leurs besoins réels plutôt que de chercher à les faire rentrer dans un modèle standardisé. »

Elle met en avant la capacité de cette approche à outiller concrètement les personnes accompagnées : repérer les freins, identifier les leviers, renforcer le sentiment de compétence, tout en donnant une place active à la famille dans la compréhension du fonctionnement de l’enfant.


Certaines situations révèlent particulièrement bien la pertinence de cette complémentarité entre psychologie et psychopédagogie. Philippine évoque le cas d’une adolescente récemment arrivée dans un nouvel établissement scolaire, dont la confiance en elle s’était affaiblie au fil des mois, sur fond de sentiment de décalage.

« Dans ce type de situation, explique-t-elle, ce n’est pas seulement une question de méthode de travail ou de gestion émotionnelle : il y a un vécu intérieur fort, une période de transition, des enjeux identitaires et relationnels. »

Pour soutenir cette jeune fille dans la durée, un travail pluridisciplinaire souple s’est mis en place. Le suivi psychopédagogique, mené par Adèle, a permis de remettre en mouvement ses capacités d’apprentissage, de lui redonner une visibilité sur ses forces et de l’aider à structurer son organisation quotidienne afin d’alléger la charge perçue. En parallèle, le suivi psychologique assuré par Philippine Pagnat a offert un espace pour accueillir et nommer ses émotions, travailler sur son sentiment de légitimité et d’appartenance, et renforcer une base de sécurité intérieure.

« Ce type d’articulation permet à l’adolescente de ne pas avoir à tout déposer au même endroit. Chacun de nous intervient dans son champ, avec une vision globale de ce qu’elle traverse. Cela rend l’accompagnement plus souple et surtout plus ajusté à sa réalité », conclut la psychologue.

Choisir la bonne porte d’entrée


Pour Philippine, le choix entre consulter un psychologue ou un psychopédagogue dépend avant tout du besoin premier exprimé. Si la personne traverse une période de questionnement personnel ou de mal-être diffus, un accompagnement psychologique peut être une première étape. Si la difficulté se situe davantage du côté des apprentissages, de l’organisation ou des stratégies cognitives, la psychopédagogie peut être plus adaptée.


Mais il ne s’agit pas de deux voies exclusives. Elles peuvent s’articuler dans le temps, sans coordination formelle, simplement parce qu’elles répondent à des niveaux différents de la même réalité : l’expérience vécue et la mise en action concrète.

La psychologie éclaire la part invisible : le fonctionnement interne, les ressentis, les dynamiques identitaires. La psychopédagogie agit sur la part visible : les stratégies, l’environnement, l’autonomie dans l’apprentissage et la vie quotidienne.


Leur complémentarité ne repose pas sur une fusion des métiers, mais sur une coexistence naturelle et cohérente, qui permet d’accompagner les personnes dans leur globalité, sans les réduire à un seul angle de lecture.



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